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Mon voyage au pays des Masaïs

Dernière mise à jour : 1 févr. 2020

par Patricia Leith

traduit par René Leduc

Je me suis rendue à Terra en Tanzanie, en Afrique, le 24 septembre 2019 et suis revenue le 15 octobre. Notre mission a effectivement duré dix jours. Une journée a été consacrée à s’organiser et les autres à soigner les quelque 1 800 patients Masaï.

Nous savions au point de départ que de s’embarquer dans cette extraordinaire expérience en Tanzanie, terre africaine, serait dispendieux. Dix-huit personnes formaient le personnel soignant participant à cette mission. Ils provenaient d’un peu partout au Canada. La somme à débourser individuellement était d’environ six mille dollars dont 2 830 couvraient le travail sur le terrain, soit, entre autres, les médicaments pour les patients Masaï, les fournitures médicales, le visas d’affaires, la nourriture, le papier de toilette, l’eau potable, Cette somme comprenait aussi une participation à certains projets locaux. De plus, nous devions défrayer nos propres vaccins, assurances de même que nos dépenses personnelles la fin de semaine. En somme, c’était une équipée onéreuse. Il nous fallait donc organiser des activités de collecte de fonds pour défrayer les coûts.

Nous avons organisé trois ventes de pâtisseries aux hôpitaux Civic et General.

Des personnes sympathiques de Limbour m’ont donné des bouteilles et des canettes.

Nous avons tenu, Cindy et moi-même, un kiosque à la Fête de quartier de l’ARL à l’été.

Plusieurs résidents charitables se sont entretenus avec nous et nous ont donné de nombreux items utiles que nous avons apportés en Tanzanie : souliers, livres, vêtements, plumes et crayons, lampes de poche, tasses à mesurer, bandages, calepins et autres. Nous avons tout donné aux gens à Terrat ou nous les avons utilisés pour soigner les patients Masaï. C’était gratifiant d’apprécier les dons désintéressés des citoyens de Gatineau sur une table dans une grande salle à Terrat. Je suis vraiment choyée d’être entourée de si extraordinaires voisins.

De plus, plusieurs de mes ami-es et voisin.es ont fait des dons en argent à mon nom sur le site de l’Alliance de santé communautaire Canada-Afrique (ASCCA). Je vous suis très reconnaissante de votre générosité.

Nous avons passé deux jours à Moshi après avoir atterris à l’aéroport Kilimandjaro avant de nous rendre à notre destination finale de Terrat. Nous nous sommes immédiatement mis au travail. Il fallait organiser et mettre en place toutes les fournitures apportées et regrouper les médicaments.

J’ai une chambre individuelle mais je dois partager la salle de bain au bout du corridor. La plupart des collègues doivent partager une chambre mais profitent d’une toilette normale. Les toilettes n’ont pas de chasse d’eau, il nous faut utiliser une louche pour prendre le moins d’eau possible d’un seau afin les vider.








Il n’y a pas d’eau courante, donc pas de douches. Tous les matins et soirs, les femmes de ménage nous apportent à la chambre un petit seau d’eau chaude tirée d’un puit et bouillie sur un feu de bois. Nous utilisons de l’eau embouteillée pour nous brosser les dents. Les mères de famille lavaient notre linge à la main pour une somme modique.

Nous avions du courant seulement de sept à 11 heures et nous en profitions pour recharger nos téléphones, iPad et autres… se lever la nuit avec une lampe de poche pour aller au bout du corridor était quelque peu épeurant à cause des insectes… araignées. Oui, il y avait des tarentules et des scorpions. J’ai appris à m’endurcir en utilisant une puissante lampe de poche et en étant vigilante. Un filet à moustiques était étroitement installé autour de mon lit mais je n’en ai vu aucun. Comme il pleuvait très peu, les moustiques ne proliféraient pas.

Une autre défi inattendu fut celui des chauve-souris… les chauves-souris au plafond de la maison. Deux jours après mon arrivée, j’ai remarqué des débris noirs sur le plancher et compris que cela provenait des trous du plafond qui laissait tomber les excréments des chauve-souris sur le plancher de ma chambre. Ça été rapidement rafistolé à l’aide de carton et de ruban adhésif à conduits (duct tape).

Les chauve-souris étaient très actives la nuit ce qui nécessitait l’utilisation de bouchons pour les oreilles afin d’atténuer le bruit. Je me suis surprise moi-même de ma capacité à encaisser ces difficultés. J’ai reconnu que je n’avais pas d’autre choix que de me calmer, de continuer et d’y faire face.

Nos journées débutaient très tôt le matin alors qu’il faisait encore nuit. Il fallait alors se munir d’une lampe frontale pour se laver et s’habiller. Aucun maquillage bien évidemment!

Après déjeuner, des hommes autochtones embauchés pour nous accompagner, et nous aider au cours de ces deux semaines, chargeaient les camionnettes de tout ce dont nous avions besoin au cours de la journée, y compris les bacs et les tables sur les toits, en prévision du départ à huit heures. Les traducteurs locaux se joignaient à nous et nous quittions pour un des quatre dispensaires de village qui nous attendait. Les trois dispensaires où nous avons été se trouvaient à 45 minutes de trajet sur une route de terre cahoteuse. Les villages se nommaient Nadonjunkin, Engonogoi et Sukuro. Le quatrième dispensaire de Terrat était à distance de marche. Les patients apprenaient par le téléphone de brousse (bouche à oreille) notre arrivée dans les villages.

Une fois rendus, on installait des bâches pour nous protéger du soleil ou de la pluie. Les membres du personnel médical organisaient leur poste de travail :

- Les infirmières et les médecins plaçaient trois chaises en cercle. Une pour le soignant, une pour le traducteur afin d’aider à traduire les dialectes swahilis ou Masaï vers l’anglais et la troisième pour le patient. La plupart d’entre eux ne parlaient que ces dialectes.

- Les infirmières préparaient leur poste de travail, les stéthoscopes, le désinfectant pour les mains et autres…

- Le personnel logistique préparait les dossiers, les tensiomètres, les pèse-personne, les glucomètres et nous avons pu, pour la première fois, utiliser un électrocardiogramme. Ce nouvel équipement était un don du président de Aliv Cor suite à une demande du docteur M. Green de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa. Le patient mettait deux doigts, l’index et le majeur, sur l’appareil. À l’aide de l’application téléchargée, je pouvais enregistrer un ECG à une dérivation sur mon iPad ou mon cellulaire. J’étais très excitée car ce nouvel ajout nous permettait de diagnostiquer une éventuelle fibrillation auriculaire. Si c’était le cas, on lui administrait une aspirine pour éclaircir son sang afin de prévenir un accident vasculaire cérébral.

- Compte tenu que l’hôpital le plus proche était à quatre heures et demie d’une route de terre cahoteuse, les soins cardiaques sont pratiquement inexistants, sauf si le patient peut se rendre à Arusha, situé à quatre heures et demie de route.

Mon poste de travail au dispensaire de Terrat était très original. Le personnel a placé une vieille table d’opération sous un arbre à l’extérieur ce qui deviendra éventuellement mon bureau. J’y rangeais mon tensiomètre, l’électrocardiogramme de Aliv Cor, le nécessaire du glucomètre et la paperasse et j’y rencontrais mon excellente traductrice Scola.

Nous avions une vue panoramique des alentours du dispensaire de Terrat. Il y avait tout près une route de terre qu’empruntaient les enfants pour aller et revenir de l’école, les Masaïs fréquentant notre clinique, les motocyclistes allant au village et, de temps en temps, sous notre regard amusé, les éleveurs nomades avec leurs troupeaux de bovins, de chèvres et d’ânes allant ou revenant du marché. C’était certainement le bureau le plus exceptionnel que je n’ai jamais eu.

Un des médecins locaux, le docteur Godfrey, était aussi un spécialiste du sida. Il demeura avec nous pendant toute la durée de notre séjour. La plus grande partie de son temps était consacrée à des consultations pour les sidéens. Ce n’était pas une mince tâche car, compte tenu que les Masaïs sont polygames, il lui fallait faire comprendre au patient l’importance de la médication et les précautions à prendre pour ne pas propager ce virus. Ce n’était pas facile et ça prenait beaucoup de temps. À un des dispensaires, il ne disposait pas d’un espace de consultation propice et calme. Voici donc une photo de lui sous un arbre en consultation avec un patient. L’éducation était une composante essentielle de notre mission. Éduquer signifie droit à la vie et liberté.

Un certain jour au dispensaire de Terrat, les patients étaient déjà en file et il y avait deux jeunes enfants très malades. Ils avaient urgemment besoin de soins hospitaliers sous peine de mourir ce jour-même. L’hôpital le plus proche était à Arusha, à quatre heures et demie de trajet sur une route cahoteuse. Cindy, une de nos infirmières dévouées, et un des chauffeurs aida les deux enfants et leurs mères à prendre place dans la camionnette afin d’entreprendre ce voyage stressant vers l’hôpital d’Arusha. Cindy était très bouleversée et craignait qu’ils meurent avant d’arriver à l’hôpital. Elle fut cependant soulagée lorsqu’ils furent pris en charge à temps. Sans nous, ces enfants auraient certainement péris. C’est ça la vie des Masaïs par là. Peu après cet incident, le docteur Clow a accouché un prématuré qui n’a pas survécu. Quelques deux heures après, Steve, notre agent de liaison africain CACHA, a reconduit la mère chez elle.

C’était la première fois que nous allions en caravane médicale aux quatre dispensaires. Les patients avaient appris par le téléphone de brousse que nous venions. Il se rappelaient aussi que nous étions venus à plusieurs reprises dans le passé au même moment. Malheureusement, au cours du dernier jour à notre clinique de Sukaro, nous avons un peu perdu le contrôle. Les patients arrivaient sans arrêt depuis le petit matin. Ils n’étaient pas motorisés, la plupart étaient à pied, certains voyageaient en moto et même à un moment donné plusieurs sont arrivés en camion à plateforme. Nous étions débordés, le jour avançait et nous craignions de devoir retourner à notre hébergement à la noirceur. Le docteur Clow a finalement décidé de demander à la foule de se placer dans une seule file qu’elle a parcourue et trié les cas selon leur gravité en leur donnant un numéro, la plupart étaient des femmes et des enfants. Les autres ont dû retourner chez eux. Je ne sais pas quelle distance ils devraient parcourir mais c’était bouleversant de les voir partir. Puis il s’est mis à pleuvoir…


Les soins de santé ne sont pas constamment administrés équitablement mais on faisait ce que l’on a pouvait avec les moyens du bord.

Dès notre arrivée, nous nous sommes empressés de demander au docteur Clow ce qu’elle espérait de nous, puis nous avons planifié et organisé notre travail. Une partie des fonds que nous avions recueillis a servi à acheter les médicaments utilisés au cours de notre mission. On a dû les acheter en Tanzanie car il était interdit de les importer. Notre équipe pharmaceutique de six personnes dévouées provenait d’un peu partout au Canada, de Montréal, d’Elora, du Nouveau-Brunswick et des Iles-de-la-Madeleine. Après le souper, on se réunissait dans l’entrée pour aider cette équipe en comptant les médicaments, les étiquetant et en les plaçant dans de petits sacs de plastique afin de les distribuer aux patients.

La nourriture… ha… la nourriture. Beaucoup d’amour allait dans la préparation de la nourriture mais elle était plutôt fade et il y avait peu de choix. Nous nous rencontrions lors des déjeuners et des soupers mais le repas du midi nous était apporté aux dispensaires et nous mangions dans des édifices désaffectés près de là. Les dîner et les soupers était pas mal similaires. Du riz, une viande non-identifiée – je ne sais pas trop ce que c’était! – et un légume vert qui ressemblait à des épinards. Parfois on nous servait des aliments frits, du poulet, des pommes de terre. Un certain goût était constamment présent. Je pense que ça provenait de l’eau avec laquelle on cuisait le riz et les autres aliments. C’était comme si l’eau aurait été fumée. Les desserts consistaient en un morceau de melon d’eau et ¼ de tranche de banane. Les cafés et le thé servis par la suite avaient le même goût. Nous nous sommes quand même amené des douceurs de la maison, du sirop d’érable, des tablettes protéinées, des craquelins…

En l’absence d’eau courante, on nous fournissait de grandes gourdes d’eau potable. L’eau pour la cuisine, une fois tirée d’un puit, était bouillie sur un feu de bois. Nous recevions deux fois par jour un petit seau d’eau chaude à la porte de notre chambre pour nous laver.

Le dispensaire de Terrat était à distance de marche de notre logement. Nous passions alors près de l’école locale et les enfants en sortaient pour nous saluer joyeusement, courir pour nous rejoindre, faire des mimiques, essayer de nous parler et nous serrer la main. Beaucoup d’entre eux parlaient l’anglais car cette langue est enseignée à l’école mais le swahili ou le Massaï demeure leur langue maternelle. La plupart des enfants que j’ai rencontrés lors de mon séjour semblaient heureux même en la quasi-absence de possessions matérielles. Ils semblaient si satisfaits et heureux.

Un jour que je me rendais à la toilette extérieure, j’ai entendu un bruit provenant du champ en arrière de l’édifice. J’ai regardé et aperçu un jeune garçon de neuf ou dix ans vêtu de sa « Shuka » (une robe rouge) surveillant son troupeau de bovins et de chèvres. Il voulait jouer au Peekaboo. On a donc joué quelques minutes puis j’ai dû retourner à mon poste de travail. J’ai pensé à lui toute la journée. Je jetais un coup d’œil et l’apercevait avec son petit troupeau… fin seul... toute la journée. J’ai été lui parler à quelques occasions, il s’exprimait facilement en anglais. Je lui ai offert des tic tac mais il ne les as pas aimés et les a recrachés. Il a adoré faire prendre son portrait et voir le résultat immédiatement. Même si je me désolais de voir un enfant si jeune seul dans un champ il semblait très heureux et satisfait. Son père est venu le voir. Je crois qu’il l’entrainait pour devenir un gardien de troupeau comme lui-même!

La plupart des Masais ne possèdent pas de voiture, ils doivent marcher pour se déplacer, ce qui semble expliquer pourquoi ils se plaignent si souvent de douleurs articulaires et musculaires. Quelques jeunes ont des motos, la plupart ne sont pas casqués. J’ai souvent vu trois ou quatre personnes entassées sur une moto. C’était amusant de voir comment ils s’y prenaient pour descendre et installer une vieille grand-mère entre deux adultes sur une moto. Ils amènent parfois des chèvres entre deux passagers!!! De temps en temps on apercevait des ânes chargés de colis. Lors des derniers jours de notre mission, alors que ça s’est su que nous étions présents, les patients arrivaient en camion léger. C’est la raison pour laquelle on a dû en retourner car ils étaient trop nombreux pour nos capacités.

Un des moments phare de mon voyage en Afrique fut de visiter une école secondaire. Lorsque nous sommes arrivés, les élèves nous attendaient assis sur des chaises. Nous nous sommes présentés immédiatement au bureau du principal qui nous souhaita la bienvenue et on a signé le registre des visiteurs. On s’est rendus par la suite à l’extérieur. Les élèves nous avaient placé des chaises en face d’eux. Ils nous chantèrent une chanson très touchante en swahili. Les garçons et les filles se sont séparés pour se diriger avec nous dans des classes séparées.

Nous avons parlé dans la classe des filles de menstruations et de maturation sexuelle. On leur avait demandé d’écrire des questions à propos du sexe. Elles étaient très embarrassées mais, loin des garçons, plusieurs ont posé des questions pertinentes. Le docteur Clow à répondu à quelques-unes avec l’aide d’une interprète mais, faute de temps, pas à toutes. J’aurais préféré qu’une réponse soit donnée à chacune car la connaissance est source de pouvoir et peut permettre d’orienter leurs vies. On a fait ce que l’on a pu dans la limite de temps accordée.

Nous sommes passé au prochain item à l’agenda soit les serviettes sanitaires Kili. Le docteur Clow a travaillé à ce projet pendant un certain temps.

En Afrique de l’Est, les filles quittent l’école dès qu’elles ont leurs menstruations, soit entre onze et treize ans. Les plus chanceuses, qui continuent leurs classes, s’absentent habituellement lors de leur cycle menstruel car il n’y a pas de produits d’hygiène disponibles pour y faire face (pas de serviettes sanitaires).

Le docteur Clow, suite à une recherche, a identifié un organisme partenaire afin de fournir des serviettes sanitaires réutilisables, ce fut Kilipads. Le sac de serviettes sanitaires, au coût de 15 dollars canadiens, peut servir pendant deux ans. Le docteur a recueilli des fonds suite à une campagne de financement qu’elle a organisée et on a pu donner une trousse kilipads aux filles qui comprenait une belle bouteille de savon dans un joli sac cousu main. Celles-ci étaient très heureuses de recevoir cette nouvelle trousse. C’était pour elles, et nous, un jour très spécial. Simplement formidable. Notons que ces kilipads sont fabriquées par des femmes et ce, en Tanzanie même.


Les Masais sont reconnus pour leur attachement à leur mode de vie traditionnel sauf pour certains hommes possédant des cellulaires.

La culture Massaï est centrée sur l’élevage.

Ils sont traditionnellement polygames, donc plusieurs épouses et enfants coexistent. Le nombre de têtes de bétail et d’enfants d’un homme détermine son statut et son importance. Cinquante têtes de bétail force le respect et plus il a d’enfants, mieux il est vu.

Les propriétés Masaïs se nomment des « Boma » formées de plusieurs « maisons » soit des petites huttes de terre, de branches, d’herbes et d’urine et de bouses de vaches. Chaque épouse a sa propre hutte avec ses enfants. D’autres huttes de grandeur variée abritent le bétail et les réserves. Les bomas sont entourées d’une « clôture » circulaire formée d’une couche épaisse de buissons épineux pour protéger la tribu et son bétail des autres tribus et des prédateurs. Le matin, le bétail est sorti des bomas pour aller brouter aux alentours.

Comme il est courant dans le système tribal, la structure sociale est basée sur les âges de la vie. Les jeunes garçons partent avec le bétail, les chèvres et autres dès qu’ils peuvent marcher. Cependant, leur enfance est surtout consacrée à jouer. Les filles, par ailleurs, sont responsables des corvées comme préparer les repas et le lavage des vêtements, habiletés qu’elles apprennent très jeunes auprès de leur mère.

Les jeunes Masaïs sont formés pour être des guerriers de manière à protéger leur famille et leurs animaux des prédateurs et des ennemis.

Les femmes Massaï sont dévolues à la cuisine, à traire les vaches, à aller chercher de l’eau, à ramasser du bois pour faire du feu et à s’occuper de leurs jeunes enfants. Elles sont aussi responsables de construire les huttes.

Un aimable aîné Massaï du coin a invité notre groupe à visiter sa propriété. Les enfants étaient très énervés de nous rencontrer. Ils ont beaucoup aimé se faire prendre en photo et de voir le résultat par la suite, ce que nous fîmes. Cette propriété était typique de cette partie de l’Afrique. J’ai été très honorée que ce fier homme nous ait reçu chez lui.

J’ai vécu l’expérience la plus extraordinaire de ma vie à la fin de mon voyage en Afrique. C’était un safari de trois jours dans trois zones de conservation. J’ai tout d’abord aperçu des zèbres en liberté, c’était excitant, puis ce fut des éléphants. Notre guide a arrêté la camionnette et un éléphant s’approcha si près que l’on pouvait presque le toucher. Il mangeait des herbages tranquillement sous nos yeux. Plusieurs au loin s’approchaient. C’était si époustouflant de voir ces énormes animaux majestueux dans leur habitat que des larmes me sont soudainement venues aux yeux. C’était un moment magique que je n’oublierai jamais.

Nous avons aperçu un couple de lionnes se reposant à l’ombre. Il semble que les lions après avoir mangé gloutonnement dorment deux jours. Elles étaient enceintes. Comme elles étaient très près nous avons pu prendre des photos en gros plan. Il y avait aussi des animaux extraordinaires déjà vus dans le film Le Roi Lion : gnous, phacochères, hippopotames, autruches, girafes, zèbres, chacals, buffles d’eau, babouins, singes et plusieurs autres animaux inconnus. C’était incroyable de voir tous animaux en liberté et tous ensemble. C’était étonnant, vraiment étonnant. J’ai de la difficulté à exprimer mes sentiments au cours de ce safari. Il faut le vivre pour comprendre.

L’Afrique de l’Est est une contrée magique. J’y ai fait un de mes plus étonnant voyage comprenant la singulière beauté des Masais, le mont Kilimandjaro, les paysages naturels et de nombreux animaux imposants et attirants parmi ceux peuplant la terre. Le peuple Massaï respire la douceur tout en débordant de fierté. Les enfants sont si beaux avec leurs grands yeux brillants, leurs larges sourires et une innocence étonnante. J’ai senti partout la solidarité et le sens de la collectivité de ces gens fabuleux.

Je me rappelle que le docteur Clow nous a dit lors d’une de nos sessions d’orientation qu’il « sera beaucoup plus difficile de retourner au Canada que d’aller en Afrique ». Ce commentaire m’avait intriguée à ce moment-là mais je comprends vraiment sa signification maintenant. On a tant à être reconnaissant au Canada mais on prend tout pour acquis. Nous sommes tous occupés avec nos téléphones, à magasiner, à aller ici ou là en voiture en ne portant aucune attention aux autres, nous nous sentons constamment occupés, simplement occupés tout le temps. Nous, qui sommes si chanceux d’avoir tellement de possibilités de faire face aux difficultés dans nos vies et dans le monde, nous préférons exprimer notre insatisfaction et notre négativité constamment sans égard aux autres au lieu de régler ce qui nous préoccupe et de dire au monde : « Merci, mais je vais maintenant penser par moi-même ». J’ai été secouée de vivre les différences entre l’Afrique et le Canada. J’espère vraiment que nous retrouverons le chemin, ignoré de plus en plus, de l’humilité, de la fierté et du sens de l’appartenance…

Je suis très reconnaissante d’avoir pu vivre mon expérience africaine et m’être imprégnée de tant de moments et d’endroits magnifiques et paisibles que je peux les revivre même si je ne n’y suis plus!

Un Gros merci,

Patricia🌼🐘

Infos :

Les dispensaires sont situés à : Nadonjunkin, Engonongoi, Sukuro et à Terrat.

Les zones safari protégées sont à : Tarangire, Ngorongoro Crater et à Lake Manyara.

Pour plus d'informations sur le projet Kilipads: http://www.tatuproject.org/kilipads/

Pour voir d'autres photos:

https://drive.google.com/drive/folders/1YZnHcwRgP3u939NVi56enge_UR2eAe7T?usp=sharing

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